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Des propos qui ont le mérite d'être très clairs...

Mérite en perspective... Lire l'entretien avec Agnès van Zanten, publié dans Le Monde du 30 août 2018.

Agnès van Zanten : « Le mérite, c’est le terreau d’une idéologie très libérale, centrée sur l’individu. »

 

Propos recueillis par Violaine Morin

Le Monde, 30 août 2018 à 13h

Selon la sociologue, les résultats scolaires sont appréciés sans tenir compte de l’apport familial, des établissements d’origine et de la façon dont les élèves ont été préparés.

Agnès van Zanten est sociologue, directrice de recherche à l’Observatoire sociologique du changement (CNRS, Sciences Po). Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, dont Choisir son école (PUF, 2009),et d’articles de recherche consacrés à l’élitisme scolaire, dont « La fabrication familiale et scolaire des élites et les voies de mobilité ascendante en France » (L’Année sociologique, 2016).

Depuis la Révolution, la hiérarchie sociale en France est censée être basée sur le mérite individuel et non plus sur la naissance. Cet attachement au mérite structure-t-il notre système éducatif et de quelle manière ?

Tous les systèmes d’enseignement actuels récompensent le mérite. Mais, en France, pour un ensemble de raisons historiques, la définition du mérite est très exigeante, les élèves étant encouragés à viser l’excellence et évalués à l’aune de cet objectif très ambitieux. Cet idéal d’excellence se combine avec un idéal d’égalité. Pour beaucoup d’enseignants, « l’égalité » c’est de pouvoir offrir la possibilité à chaque élève d’accéder à l’excellence. Mais quid de tous les élèves qui ne seront jamais excellents ? Tout se passe alors comme si les bons élèves avaient une plus grande valeur que les moyens et les mauvais. Tous les systèmes ne récompensent pas l’excellence à un si haut degré. Dans mes enquêtes en milieu scolaire défavorisé, j’ai constaté que, même s’il y a beaucoup d’élèves en situation d’échec, une partie des enseignants se satisfait de réussir à dégager une petite fraction de très bons élèves. On se félicite que tel élève soit allé ensuite dans un lycée coté, comme si la réussite d’un petit nombre pouvait racheter l’échec de tous les autres. Cela pourrait être complémentaire, on pourrait aussi parallèlement éprouver de grandes satisfactions à avoir amené un grand nombre d’élèves à un niveau convenable. Mais il y a souvent une admiration sans borne de la part des enseignants pour ces parcours d’excellence que l’on retrouve également parmi les responsables chargés des politiques scolaires. Il y a beaucoup plus de clivages sur ce qu’il faut faire pour les élèves qui ne réussissent pas, que pour les élèves qui réussissent.

Quelles sont les conséquences pour les élèves ?

Au fur et à mesure qu’ils avancent dans le système, ils intègrent le discours de l’école selon lequel ceux qui ont des bonnes notes sont ceux qui ont fait des efforts. Dans les compétitions organisées comme le baccalauréat, les élèves sont en apparence mis en situation d’égalité formelle parfaite. Donc on considère que ceux qui n’ont pas réussi n’ont pas assez travaillé. De plus, comme dans les établissements favorisés, les enseignants, sous la pression des parents et des chefs d’établissement, tendent à donner plus de travail à la maison et des exercices plus difficiles et font plus d’examens et d’évaluations, les élèves scolarisés dans ces contextes intériorisent l’idée qu’ils ont travaillé dur et bien mérité leurs bonnes notes. Ce n’est pas faux, bien sûr, mais beaucoup de choses demeurent invisibles dans le supposé « mérite » des enfants. Les parents, et surtout les mères, ont tendance à occulter le travail qu’elles font pour faire sortir le meilleur de leur progéniture. Quand on les interroge sur ce point, elles expliquent la réussite par le seul talent de l’enfant. Sans compter qu’une partie du travail parental échappe au regard des jeunes, qui oublient ou ignorent, par exemple, que leurs parents ont fait des recherches, participé à des réunions pour s’informer et choisir les options qui allaient leur assurer le meilleur parcours scolaire.

Est-ce à dire que le mérite scolaire permet de justifier une future domination sociale ?

Au cours d’une enquête sur la formation des élites, où j’ai interrogé un grand nombre d’élèves de classes préparatoires aux grandes écoles et de lycées favorisés, j’ai été frappée de voir la forte proportion d’élèves et d’étudiants qui ont le sentiment d’avoir mérité leur place et minimisent l’investissement de leurs parents, ou le rôle de leur établissement d’origine. Ils évoquent leur implication scolaire précoce, en se comparant à des élèves de milieux sociaux similaires au leur. « Alors que, dans le collège ou j’étais, certains faisaient les clowns, moi j’ai toujours été sérieux… », etc. Or, la plupart de ces élèves ont fréquenté des établissements où ils n’ont pas eu l’occasion de se comparer à des enfants moins favorisés. Même ceux qui fréquentent des établissements plus mixtes sont, par le jeu des options, entourés d’élèves comme eux. Cela peut rendre certains d’entre eux méprisants vis-à-vis des autres. C’est en tout cas le terreau d’une idéologie très libérale, centrée sur l’individu et sur l’idée que seule l’action individuelle détermine les récompenses qu’on obtiendra dans la vie. 

 

L’idéal méritocratique devait permettre à chaque enfant de faire ses preuves indépendamment de son origine sociale. Vous semblez décrire tout l’inverse…

C’est l’un des paradoxes de la « méritocratie » : elle a émergé pour que les positions sociales ne soient pas reproduites mais qu’il soit possible de les redistribuer à chaque génération. Mais parallèlement à la mise en place de compétitions – notamment les examens – permettant de sélectionner les plus méritants, on a laissé se développer un parrainage familial et scolaire dont on occulte l’importance. On mesure les résultats, sans tenir compte de l’apport familial, des établissements d’origine et de la façon dont les élèves ont été préparés. Aujourd’hui, on saisit un peu mieux les différences entre établissements avec les indicateurs de valeur ajoutée mais on connaît encore mal leur influence sur les élèves. Par ailleurs, pour tous les examens nationaux, on s’est beaucoup focalisé sur les conditions formelles d’égalité, en convoquant tous les élèves à la même heure et en corrigeant des copies anonymisées, par exemple. On s’intéresse à l’épreuve, et pas à ce qui s’est passé avant.

Faudrait-il abandonner le principe de la sélection des plus méritants par le biais d’examens et de concours ?

Les diplômes restent les garants d’une certaine égalité. Mais avec l’augmentation du nombre de diplômés, il y a aussi une concurrence sur le marché du travail. On vit encore sur le modèle des « trente glorieuses » où le marché du travail était en expansion. Or, aujourd’hui, il ne l’est plus. Dans ce contexte, les employeurs vont chercher dans le diplôme un signal plutôt qu’un contenu. Le diplôme leur apporte plus pour ce qu’il signifie socialement que pour son contenu technique. « C’est un diplômé de Sciences Po » signifie « il possède un certain nombre de compétences techniques mais aussi des qualités sociales, qu’il a acquises à Sciences Po et probablement dans sa famille d’origine ».

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